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Apnée du sommeil, fatigue et poids : le cercle que l'exercice peut briser

Photo du rédacteur: Système  Santé
Système Santé
il y a 2 jours
6 min de lecture

La personne qui dort à vos côtés vous le dit depuis des mois : vous ronflez fort, et parfois vous arrêtez de respirer quelques secondes. Le jour, vous cognez des clous devant la télé et le café ne suffit plus. Le soir, vous êtes trop fatigué pour bouger, et la balance monte doucement. Ce portrait ressemble à l'apnée du sommeil, et l'exercice fait partie des façons de briser ce cercle, même quand le poids bouge peu.

En bref • L'apnée obstructive du sommeil interrompt la respiration pendant la nuit et rend le sommeil non réparateur. • Seul un médecin peut la confirmer, souvent par un test du sommeil; l'appareil à pression positive continue reste le traitement le plus efficace. • Dans les essais, l'exercice réduit le nombre de pauses respiratoires et la somnolence, avec peu ou pas de perte de poids. • L'exercice complète le traitement médical; il ne le remplace pas. • Somnoler au volant est un signal à rapporter à votre médecin sans attendre.

Qu'est-ce que l'apnée du sommeil, et pourquoi fatigue-t-elle autant?

Selon l'Association pulmonaire du Canada, l'apnée obstructive du sommeil est un trouble respiratoire sérieux qui interrompt votre sommeil. Pendant la nuit, les voies respiratoires se ferment à répétition et la respiration s'arrête brièvement. Le sommeil devient alors non réparateur.

Les deux signes principaux sont une fatigue ou une somnolence de jour sans explication, et un ronflement avec des arrêts de respiration pendant le sommeil. Des maux de tête le matin et de la difficulté à se concentrer sont aussi possibles. Le risque augmente notamment avec l'obésité, après 40 ans, chez les hommes et quand d'autres membres de la famille en souffrent.

L'enjeu dépasse la fatigue. Non traitée, l'apnée peut entraîner de l'hypertension et augmente le risque de crise cardiaque ou d'accident vasculaire cérébral. Elle est aussi associée à des troubles de mémoire et à un risque accru d'accident de la route.

Comment l'apnée, la fatigue et le poids s'entretiennent-ils?

Le poids fait partie des facteurs de risque. La fatigue, elle, rend l'activité physique plus difficile. Une revue systématique de 2018 a mesuré l'activité de personnes atteintes d'apnée à l'aide d'appareils portés sur le corps. Elles faisaient en moyenne environ 5 400 pas par jour, un niveau bas.

Le lien de cause à effet entre ces éléments n'est pas entièrement démontré : on parle d'un cercle probable, pas d'une mécanique prouvée. Il suggère tout de même que si on agit sur un des maillons, les autres peuvent suivre.

Le sommeil fait d'ailleurs partie des Directives canadiennes en matière de mouvement sur 24 heures. Elles recommandent 7 à 9 heures de sommeil de bonne qualité chez les adultes de 18 à 64 ans, et 7 à 8 heures après 65 ans. Elles insistent sur des heures de coucher et de lever régulières. Les mêmes directives demandent au moins 150 minutes par semaine d'activité aérobie modérée à vigoureuse et deux séances de renforcement musculaire.

L'exercice réduit-il l'apnée même sans perdre de poids?

Plusieurs études le suggèrent. Pour mesurer l'apnée, les médecins utilisent un indice : le nombre de pauses ou de baisses de la respiration par heure de sommeil.

Un essai randomisé publié en 2011 a suivi 43 adultes sédentaires en surpoids, âgés de 18 à 55 ans, avec une apnée au moins modérée. Pendant 12 semaines, un groupe faisait 150 minutes d'activité aérobie modérée par semaine, plus deux séances de musculation. L'autre groupe faisait des étirements légers. Dans le groupe exercice, l'indice est passé d'environ 32 à 25 pauses par heure. Il a légèrement augmenté dans le groupe étirements. Le poids, lui, n'a pas baissé de façon significative. La qualité du sommeil s'est aussi améliorée.

Les synthèses vont dans le même sens. Une méta-analyse de 2022 a regroupé 9 essais et 444 patients. Elle a observé environ 7 pauses de moins par heure avec l'exercice, sans changement significatif de l'indice de masse corporelle. Combiner cardio et musculation donnait un meilleur résultat que le cardio seul. Une autre méta-analyse, en 2024, a regroupé 12 études et 526 patients. L'exercice réduisait l'indice et la somnolence de jour, quels que soient le poids et la gravité de l'apnée au départ.

Il faut garder la mesure. Un examen de 2025 portant sur dix méta-analyses juge la certitude globale de ces données très faible : les essais sont petits et différents les uns des autres. Et chez les personnes qui utilisent bien leur appareil, la méta-analyse de 2024 n'a pas trouvé d'effet supplémentaire de l'exercice sur l'indice ni sur la somnolence. Ces personnes gagnaient tout de même en forme cardiovasculaire.

Pourquoi l'exercice aiderait-il la respiration la nuit?

On ne le sait pas encore avec certitude. Plusieurs mécanismes sont proposés et en partie appuyés par de petites études.

Le premier concerne les liquides du corps. Quand on reste assis toute la journée, du liquide s'accumule dans les jambes. Une fois couché, une partie remonte vers le cou, autour de la gorge, ce qui peut rétrécir les voies respiratoires. Dans un essai de 2016 chez des personnes atteintes d'une maladie du cœur, quatre semaines d'exercice ont réduit l'apnée en même temps que ce déplacement de liquide.

D'autres pistes s'ajoutent. Une revue de 2016 évoque un meilleur tonus des muscles qui gardent la gorge ouverte et plus de sommeil profond. Elle cite aussi moins d'inflammation et, parfois, une baisse de poids. Ce sont des hypothèses appuyées par de petites études, pas des certitudes.

L'exercice peut-il remplacer l'appareil?

Non. L'Association pulmonaire du Canada présente l'appareil à pression positive continue, le CPAP, comme le meilleur traitement de l'apnée obstructive. Une méta-analyse en réseau de 2017, qui a comparé 80 essais, va dans le même sens. L'appareil réduit le plus le nombre de pauses respiratoires. Les auteurs proposent l'exercice comme complément, notamment parce qu'il améliore la somnolence de jour.

L'Association pulmonaire rappelle aussi de consulter votre médecin avant de commencer un programme d'exercice. La perte de poids peut aider; pour l'alimentation, notre nutritionniste partenaire, membre de l'Ordre des diététistes-nutritionnistes du Québec, fait le suivi en ligne.

Que fait concrètement le kinésiologue dans ce cas?

À notre clinique de Rosemère, le kinésiologue commence par une évaluation initiale de 90 minutes. Il fait le point sur votre sommeil, votre fatigue, vos médicaments et ce que vous faites déjà dans une semaine. Le diagnostic et le suivi de l'apnée restent entre les mains de votre médecin. Le kinésiologue bâtit ensuite un programme qui combine cardio et musculation. Les séances sont placées aux moments de la journée où vous avez le plus d'énergie, et la charge augmente graduellement. Si vous utilisez un appareil la nuit, le programme s'ajoute à ce traitement. Il peut aussi vous orienter vers notre nutritionniste partenaire. Le stationnement est gratuit et l'entrée est de plain-pied.

Quand consulter, et qui

Parlez-en à votre médecin si vous ronflez fort, si quelqu'un a remarqué des arrêts de respiration pendant votre sommeil, ou si vous somnolez le jour sans explication. Il peut demander un test du sommeil, en clinique ou à domicile, et décider du traitement. Si vous vous endormez au volant, n'attendez pas votre prochain rendez-vous. En cas de problème grave ou urgent, composez le 9-1-1 ou rendez-vous à l'urgence. Pour une question non urgente, Info-Santé 811 permet de joindre une infirmière, 24 heures par jour. Le kinésiologue prend le relais pour l'activité physique : il bâtit et ajuste un programme sécuritaire, en complément du traitement médical. La nutritionniste partenaire vous accompagne si la perte de poids fait partie de votre plan. Ce texte résume ce que disent les études. Il ne remplace pas l'évaluation de votre sommeil par un médecin, ni le traitement qu'il vous prescrit.

Passer à l'action

Si vous êtes traité pour une apnée du sommeil, ou si votre médecin vous a conseillé de bouger davantage, une évaluation en kinésiologie permet de bâtir un programme réaliste. Il tient compte de votre fatigue et s'ajoute à votre traitement.



Pour aller plus loin

Sources

  1. Association pulmonaire du Canada. L'apnée du sommeil (consulté le 20 octobre 2026). poumon.ca

  2. Mendelson M et al. Obstructive Sleep Apnea Syndrome, Objectively Measured Physical Activity and Exercise Training Interventions: A Systematic Review and Meta-Analysis. Frontiers in Neurology, 2018. doi.org/10.3389/fneur.2018.00073

  3. Société canadienne de physiologie de l'exercice. Directives canadiennes en matière de mouvement sur 24 heures pour les adultes de 18 à 64 ans (consultées le 20 octobre 2026). csepguidelines.ca et pour les adultes de 65 ans et plus. csepguidelines.ca

  4. Kline CE et al. The Effect of Exercise Training on Obstructive Sleep Apnea and Sleep Quality: A Randomized Controlled Trial. Sleep, 2011. doi.org/10.5665/sleep.1422

  5. Peng J et al. Effects of Exercise on Patients with Obstructive Sleep Apnea: A Systematic Review and Meta-Analysis. International Journal of Environmental Research and Public Health, 2022. doi.org/10.3390/ijerph191710845

  6. Lin CF et al. Effects of aerobic exercise and resistance training on obstructive sleep apnea: a systematic review and meta-analysis. Journal of Clinical Sleep Medicine, 2024. doi.org/10.5664/jcsm.11310

  7. Justribó-Manion C et al. Active conservative interventions for obstructive sleep apnea: An umbrella review and meta-meta-analysis of systematic reviews. Sleep Medicine, 2026 (en ligne en 2025). doi.org/10.1016/j.sleep.2025.108665

  8. Mendelson M et al. Effects of exercise training on sleep apnoea in patients with coronary artery disease: a randomised trial. European Respiratory Journal, 2016. doi.org/10.1183/13993003.01897-2015

  9. de Andrade FMD et al. The role of physical exercise in obstructive sleep apnea. Jornal Brasileiro de Pneumologia, 2016. doi.org/10.1590/S1806-37562016000000156

  10. Iftikhar IH et al. Comparative efficacy of CPAP, MADs, exercise-training, and dietary weight loss for sleep apnea: a network meta-analysis. Sleep Medicine, 2017. doi.org/10.1016/j.sleep.2016.06.001

  11. Gouvernement du Québec. Info-Santé 811 (consulté le 20 octobre 2026). quebec.ca

L'équipe de Système Santé, Rosemère

Publié le 20 octobre 2026 · Dernière mise à jour : 20 octobre 2026

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