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Mon adolescent veut s'entraîner : kinésiologue, entraîneur ou gym?

Photo du rédacteur: Système  Santé
Système Santé
il y a 2 jours
7 min de lecture

Votre fils de 15 ans joue au hockey depuis l'âge de six ans. Cet automne, ses amis se sont abonnés au gym, et il veut faire de la musculation avec eux. Vous hésitez : on vous a toujours dit que soulever des poids à cet âge pouvait nuire à la croissance. Et même si c'était sans danger, qui devrait montrer à un adolescent comment faire? Les spécialistes de l'entraînement des jeunes répondent assez clairement à ces deux questions.

En bref • Bien encadrée, la musculation est relativement sûre pour un adolescent et bonne pour sa santé. • Aucune donnée ne montre qu'elle nuit à la croissance; les blessures viennent surtout d'une mauvaise technique, de charges trop lourdes et d'un manque de supervision. • Un bon programme commence léger, mise sur la technique et compte 2 à 3 séances par semaine, jamais deux jours de suite. • Ce qui compte le plus, c'est une supervision qualifiée, peu importe le lieu. • Le kinésiologue est un bon choix si votre adolescent a une douleur, une blessure passée, une condition de santé ou un objectif sportif précis.

La musculation est-elle dangereuse pour un adolescent?

Non, à condition d'être bien faite. La Société canadienne de physiologie de l'exercice a publié une prise de position sur l'entraînement en résistance chez les jeunes. L'entraînement en résistance, c'est tout exercice qui fait travailler le muscle contre une charge : poids libres, appareils, élastiques ou poids du corps. Selon ce document, avec de bonnes méthodes d'entraînement, il peut être relativement sûr pour les enfants et les adolescents, et améliorer leur santé globale. Les gains attendus touchent la force, l'endurance musculaire, la puissance, l'équilibre et la coordination. La SCPE ne fixe d'ailleurs aucun âge minimal.

Reste la croissance, la crainte la plus répandue chez les parents. La National Strength and Conditioning Association, un organisme américain de référence en préparation physique, a fait le tour de la question dans sa prise de position de 2009. Ses auteurs concluent qu'aucune donnée ne suggère que la musculation nuise à la croissance. Ils notent aussi qu'aucune étude qui a suivi des jeunes en musculation n'a rapporté de blessure au cartilage de croissance, la zone des os qui permet de grandir.

Le mythe vient en partie de blessures réelles. Les auteurs les ont examinées : beaucoup étaient causées par une mauvaise technique, des charges excessives, de l'équipement mal conçu ou l'absence d'un adulte qualifié. Le risque ne tient donc pas à la musculation elle-même, mais à la façon de la pratiquer. Les mêmes auteurs notent que le risque augmente avec l'équipement d'exercice à la maison.

À quoi ressemble un bon programme à 14 ou 16 ans?

Les deux prises de position s'entendent sur l'essentiel.

  • La technique d'abord. Le jeune apprend chaque exercice avec une charge légère avant d'en ajouter.

  • Deux à trois séances par semaine, jamais deux jours de suite, pour laisser le corps récupérer.

  • Une intensité faible à modérée au départ, avec une ou deux séries de 10 à 15 répétitions pour un débutant.

  • Une progression graduelle : on augmente la charge quand la force suit, sans jamais sacrifier la technique.

  • Un échauffement dynamique de 5 à 10 minutes avant chaque séance : sautillements, petits sauts, pas chassés.

La musculation n'est qu'une partie du portrait. Les Directives canadiennes en matière de mouvement sur 24 heures pour les 5 à 17 ans demandent au moins 60 minutes par jour d'activité physique d'intensité modérée à vigoureuse. Elles demandent aussi des activités qui renforcent les muscles et les os au moins trois jours par semaine. Et elles fixent le sommeil : de 8 à 10 heures par nuit entre 14 et 17 ans.

Un dernier point qui rassure souvent les parents d'athlètes : la préparation physique protège contre les blessures sportives. Une méta-analyse d'essais randomisés menés dans les sports de jeunes s'est penchée sur l'entraînement neuromusculaire. Ce sont des exercices qui apprennent au corps à mieux contrôler ses mouvements. Ces programmes réduisaient d'environ un tiers les blessures aux jambes. Une autre synthèse, chez des sportifs de 12 à 40 ans, trouve une baisse encore plus nette avec le renforcement musculaire. Ce n'est pas une garantie pour chaque jeune, mais les résultats vont dans le même sens d'une étude à l'autre.

Faut-il se spécialiser dans un seul sport?

C'est la question de beaucoup de familles de la Rive-Nord, surtout quand arrive le choix d'un programme sport-études. Sport pour la vie, un organisme canadien voué au développement à long terme dans le sport, est clair. Dans la plupart des sports, les jeunes ne devraient pas trop se spécialiser avant le début de l'adolescence. Avant cet âge, l'idéal est de pratiquer une grande variété de sports et d'activités.

Selon l'organisme, une spécialisation trop hâtive peut limiter le développement et la réussite plus tard. Un entraînement « en serre chaude », trop intense trop tôt, peut mener à l'épuisement et aux blessures de surutilisation. Quelques sports font exception, comme la gymnastique, le patinage artistique ou le plongeon, où les meilleurs performent jeunes.

À 15 ou 16 ans, se concentrer sur un sport devient plus normal. À la clinique, nous voyons alors la musculation comme une façon de préparer le corps aux exigences de la saison. Gardez en tête une autre idée de Sport pour la vie : les jeunes ne grandissent pas tous au même rythme. Deux joueurs de 14 ans peuvent avoir des corps très différents, et leur programme doit en tenir compte.

Kinésiologue, entraîneur ou gym : comment choisir?

La NSCA pose la règle de base. Sans supervision qualifiée, sans équipement adapté et sans environnement sûr, les jeunes ne devraient pas faire de musculation, en raison du risque accru de blessure. Le lieu importe donc moins que la personne qui encadre. Voici une façon simple de vous orienter.

Le gym avec des amis, sans encadrement, convient mal à un débutant. Le gym lui-même n'est pas en cause. Il manque quelqu'un qui corrige la technique et dose la progression. Une fois la technique solide et le programme établi, un adolescent peut s'y entraîner de façon plus autonome.

L'entraîneur de son équipe connaît son sport et ses exigences. C'est souvent lui qui prépare la saison. Demandez-lui comment il intègre la musculation, et qui supervise les séances.

Le kinésiologue est un professionnel de l'activité physique qui évalue la condition physique et bâtit des programmes d'exercice. C'est un choix particulièrement utile dans quatre cas :

  • votre adolescent a une douleur qui revient, ou une blessure passée mal rétablie;

  • il a une condition de santé, comme l'asthme, le diabète ou une scoliose;

  • il vise un objectif précis : sport-études, camp de sélection, retour au jeu;

  • il commence de zéro et vous voulez qu'il apprenne les bonnes bases dès le départ.

Notre article sur la différence entre kinésiologue et physiothérapeute aide aussi à y voir clair, tout comme notre page Qui consulter.

Que fait concrètement un kinésiologue pour un adolescent?

À notre clinique de Rosemère, la démarche commence par une évaluation initiale en kinésiologie de 90 minutes. Le kinésiologue fait le point sur le sport pratiqué, l'horaire, les blessures passées et les objectifs. Il regarde surtout comment votre adolescent bouge : un squat, une poussée, un tirage, un saut et sa réception. Il bâtit ensuite un programme qui part de la technique et progresse au rythme du jeune, en tenant compte de la saison. L'entraînement peut se faire en privé ou en duo, une formule qui permet de s'entraîner avec un ami ou un parent. Le semi-privé, à cinq personnes au plus, est aussi offert. Une fois la technique maîtrisée, le kinésiologue peut lui remettre un programme pour l'accès libre. La clinique reçoit des familles de Rosemère, mais aussi de Blainville, de Sainte-Thérèse et des environs.

Quand consulter, et qui

Une blessure récente (entorse, claquage, chute au jeu) relève d'abord de la physiothérapie. Nos physiothérapeutes partenaires, membres de l'Ordre de la physiothérapie du Québec, reçoivent les demandes par le formulaire de notre page Physiothérapie. Une douleur qui dure depuis plus de six semaines peut être évaluée en kinésithérapie par Steven St-Pierre, kinésiologue spécialisé en thérapie manuelle et en troubles musculosquelettiques. Le médecin pose un diagnostic quand une douleur est inhabituelle, persiste ou s'accompagne d'enflure, et assure le suivi d'une condition de santé comme l'asthme ou le diabète. Pour une question de santé non urgente, Info-Santé 811 permet de joindre une infirmière, 24 heures par jour. Le kinésiologue est le professionnel de première ligne pour bâtir et superviser un programme d'entraînement adapté à l'âge et au sport. Ce texte résume ce que disent les organismes spécialisés. Il ne remplace pas l'évaluation de votre adolescent par un professionnel, ni l'avis de son médecin.

Passer à l'action

Votre adolescent veut commencer la musculation ou se préparer pour une saison exigeante? Nos kinésiologues lui apprennent les bonnes bases et bâtissent un programme qui suit sa croissance et son sport.



Pour aller plus loin

Sources

  1. Behm DG, Faigenbaum AD, Falk B, Klentrou P. Canadian Society for Exercise Physiology position paper: resistance training in children and adolescents. Applied Physiology, Nutrition, and Metabolism, 2008. doi.org/10.1139/H08-020

  2. Faigenbaum AD et al. Youth resistance training: updated position statement paper from the National Strength and Conditioning Association. Journal of Strength and Conditioning Research, 2009. doi.org/10.1519/JSC.0b013e31819df407

  3. Société canadienne de physiologie de l'exercice. Directives canadiennes en matière de mouvement sur 24 heures pour les enfants et les jeunes (5 à 17 ans) (consulté le 19 octobre 2026). csepguidelines.ca

  4. Sport pour la vie. Key Factors Underlying Long-Term Development in Sport and Physical Activity. 2023. sportforlife.ca

  5. Gouvernement du Québec. Info-Santé 811 (consulté le 19 octobre 2026). quebec.ca

  6. Emery CA, Roy T-O, Whittaker JL, Nettel-Aguirre A, van Mechelen W. Neuromuscular training injury prevention strategies in youth sport: a systematic review and meta-analysis. British Journal of Sports Medicine, 2015. doi.org/10.1136/bjsports-2015-094639

  7. Lauersen JB, Andersen TE, Andersen LB. Strength training as superior, dose-dependent and safe prevention of acute and overuse sports injuries: a systematic review, qualitative analysis and meta-analysis. British Journal of Sports Medicine, 2018. doi.org/10.1136/bjsports-2018-099078

L'équipe de Système Santé, Rosemère

Publié le 20 octobre 2026 · Dernière mise à jour : 20 octobre 2026

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