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Foie gras (stéatose hépatique) : l'exercice est un traitement, même sans perdre de poids

Photo du rédacteur: Système  Santé
Système Santé
il y a 2 jours
7 min de lecture

Vous avez passé une échographie pour tout autre chose, et le rapport mentionne un « foie gras ». Le terme médical est stéatose hépatique : du gras s'accumule dans les cellules du foie. Vous ne ressentez rien, votre médecin ne semble pas inquiet, mais il vous parle de bouger plus et de surveiller votre poids. Vous vous demandez si l'exercice change vraiment quelque chose quand la balance, elle, bouge à peine. La réponse des études est oui.

En bref • Le foie gras touche environ un adulte sur quatre au Canada, et il est souvent découvert par hasard. • Il va souvent de pair avec le diabète de type 2, le tour de taille, la tension ou les triglycérides. • L'exercice réduit le gras du foie, même quand la perte de poids est faible. • Un effet net apparaît vers 150 minutes de marche rapide par semaine, mais commencer plus bas aide déjà. • Le médecin suit l'état du foie; le kinésiologue bâtit le plan d'exercice; la nutritionniste s'occupe de l'alimentation.

Qu'est-ce que la stéatose hépatique, au juste?

On parle de stéatose quand du gras s'accumule en trop dans le foie. Les spécialistes utilisent maintenant un nouveau nom pour la forme la plus fréquente : la maladie stéatosique du foie liée à une dysfonction métabolique, souvent abrégée MASLD. Elle remplace l'ancien terme de « stéatose hépatique non alcoolique ».

Selon les lignes directrices européennes de 2024, on pose ce diagnostic quand le foie est gras et qu'au moins un facteur de risque cardiométabolique est présent, sans consommation d'alcool nocive. Ces facteurs sont bien connus : surpoids ou tour de taille élevé, prédiabète ou diabète de type 2, triglycérides élevés, « bon » cholestérol bas, tension haute. Ce sont, à peu de choses près, les critères du syndrome métabolique.

C'est fréquent. Foie Canada estime qu'environ un adulte canadien sur quatre est touché. Une synthèse mondiale publiée en 2023 arrive à un peu plus de 30 % en Amérique du Nord. Souvent, la découverte se fait par hasard, lors d'une échographie ou d'une prise de sang demandée pour une autre raison. Les lignes directrices demandent alors au médecin de chercher la cause.

Le foie gras, est-ce grave?

Pour la plupart des gens, le foie reste en bon état. Selon un document du CIUSSS de l'Estrie – CHUS destiné aux médecins, une maladie du foie qui progresse ne concerne qu'une minorité de patients. Le même document rappelle que les principaux risques sont ailleurs : maladies cardiovasculaires et cancers qui ne viennent pas du foie.

Votre médecin évalue votre risque avec des outils simples. Le plus courant est le score FIB-4, un calcul tiré de prises de sang, qui sert à dépister la fibrose avancée, c'est-à-dire un foie qui cicatrise. Si le score dépasse un certain seuil, il peut vous diriger vers un FibroScan, un examen spécialisé du foie. Les lignes directrices européennes recommandent cette recherche en particulier chez les personnes atteintes de diabète de type 2.

Le foie gras est donc souvent le signe que d'autres chiffres méritent attention, et ces chiffres concernent aussi le cœur.

Pourquoi le diabète et le tour de taille comptent-ils autant?

Parce qu'ils pèsent lourd sur l'évolution du foie. Les lignes directrices européennes nomment le diabète de type 2 et l'obésité, surtout l'obésité abdominale, comme les maladies métaboliques qui ont le plus d'influence sur la stéatose. Le gras logé autour de la taille et le sucre qui circule mal dans le sang vont souvent de pair avec le gras du foie.

C'est aussi pourquoi le traitement se ressemble d'une condition à l'autre. L'exercice qui aide le foie aide aussi la glycémie, la tension et le tour de taille. Nos articles sur le diabète de type 2 et sur le syndrome métabolique, listés plus bas, détaillent ces liens. Si vous avez plusieurs de ces conditions à la fois, un seul plan d'exercice bien construit peut toutes les viser.

Le foie gras recule-t-il vraiment avec l'exercice?

Oui, d'après des mesures précises. Une méta-analyse publiée en 2023 a regroupé 14 études et 551 personnes atteintes de stéatose. Le gras du foie y était mesuré par résonance magnétique, une mesure directe plutôt qu'une estimation. Les personnes qui s'entraînaient avaient environ trois fois et demie plus de chances que les autres d'obtenir une baisse d'au moins 30 % du gras de leur foie. C'est le seuil que les chercheurs jugent significatif sur le plan clinique.

Surtout, cet effet ne dépendait pas d'une perte de poids importante, c'est-à-dire de plus de 5 % du poids. Le foie peut donc changer même quand la balance bouge peu, ce qui fait de l'exercice un traitement en soi, et pas seulement un moyen de maigrir.

Combien en faut-il? Dans cette synthèse, la dose associée à une réponse équivalait à environ 150 minutes de marche rapide par semaine. En deçà, cette synthèse n'a pas observé de réponse claire. Une analyse plus récente, qui regroupe 24 essais, situe toutefois le seuil minimal utile plus bas, autour de 100 minutes d'activité modérée par semaine. Le bénéfice y plafonne à peu près à 150 minutes. Commencer plus bas aide déjà, et 150 minutes restent la cible. Les lignes directrices européennes de 2024 vont dans le même sens. Elles recommandent l'activité physique pour réduire la stéatose, de préférence plus de 150 minutes par semaine d'intensité modérée, ou 75 minutes d'intensité vigoureuse. C'est une recommandation forte.

Une nuance toutefois : les études incluses sont petites, et 551 personnes au total, c'est peu. La direction est claire, mais on ne peut pas prédire votre résultat avec précision.

Et la perte de poids, dans tout ça?

Elle compte aussi. Les lignes directrices européennes indiquent qu'une perte de poids durable d'au moins 5 % réduit le gras du foie. Des pertes plus grandes, de 7 à 10 % et au-delà, réduisent l'inflammation puis les cicatrices du foie, ce qu'on appelle la fibrose. Mais ce n'est pas une condition pour commencer à bouger, ni pour que l'exercice fasse effet.

Pour l'alimentation, la nutritionniste est la professionnelle désignée pour vous aider à ajuster vos habitudes. Quant à l'alcool, parlez-en avec votre médecin : ses conseils dépendront de l'état de votre foie.

Par où commencer quand on a le foie gras?

Pour la plupart des gens, l'objectif est le même que celui des Directives canadiennes en matière de mouvement sur 24 heures pour tous les adultes. On vise au moins 150 minutes par semaine d'activité aérobie d'intensité modérée à vigoureuse. On y ajoute du renforcement musculaire au moins deux fois par semaine. Modéré veut dire un effort qui accélère nettement le cœur et le souffle; le kinésiologue peut vous aider à repérer cette intensité.

Voici la progression que nous suivons le plus souvent à la clinique.

  1. Les premières semaines : des séances de marche d'une vingtaine de minutes, trois ou quatre fois par semaine. C'est d'ailleurs le minimum que suggère le CIUSSS de l'Estrie aux médecins.

  2. Ensuite : allonger les séances ou en ajouter jusqu'à atteindre 150 minutes par semaine. Le vélo, la natation ou le ski de fond sont aussi des activités aérobies.

  3. En parallèle, dès que la technique est apprise : deux séances de musculation par semaine, avec une charge qui progresse.

Le rythme exact s'ajuste à chaque personne, selon sa forme, ses autres conditions de santé et son horaire.

Que fait concrètement un kinésiologue dans ce cas?

À notre clinique de Rosemère, tout commence par une évaluation initiale en kinésiologie de 90 minutes. Elle fait le point sur votre diagnostic, vos autres conditions, vos médicaments et votre condition physique. Le kinésiologue bâtit ensuite un programme qui atteint progressivement la dose recommandée, avec une partie aérobie et une partie musculation. Il ajuste la progression selon votre fatigue, vos douleurs et votre horaire. L'entraînement se fait en privé, en duo, en semi-privé de cinq personnes au plus, à domicile ou en accès libre avec votre programme. Pour l'alimentation, nous travaillons avec une nutritionniste partenaire, membre de l'Ordre des diététistes-nutritionnistes du Québec, qui offre un suivi en ligne.

Quand consulter, et qui

Votre médecin pose le diagnostic et cherche la cause de la stéatose. Il évalue l'état du foie (score FIB-4, FibroScan au besoin) et décide du suivi et des médicaments. Il traite aussi le diabète, la tension ou le cholestérol qui accompagnent souvent le foie gras. Le kinésiologue est le professionnel de première ligne pour bâtir et encadrer votre programme d'exercice. La nutritionniste prend le relais pour tout ce qui touche l'alimentation. Pour une question de santé non urgente, Info-Santé 811 permet de joindre une infirmière, 24 heures par jour. Ce texte résume ce que disent les lignes directrices et les études. Il ne remplace pas l'évaluation de votre situation, et il ne remplace jamais votre médecin pour le diagnostic, le suivi du foie ou vos médicaments.

Passer à l'action

Un diagnostic de foie gras est un bon moment pour bâtir une habitude d'exercice qui dure. Nos kinésiologues vous aident à atteindre la dose qui compte, à votre rythme et en lien avec votre médecin.



Pour aller plus loin

Sources

  1. Tacke F et al. (EASL, EASD, EASO). EASL–EASD–EASO Clinical Practice Guidelines on the management of metabolic dysfunction-associated steatotic liver disease (MASLD). Journal of Hepatology, 2024. doi.org/10.1016/j.jhep.2024.04.031

  2. Stine JG et al. Exercise Training Is Associated With Treatment Response in Liver Fat Content by Magnetic Resonance Imaging Independent of Clinically Significant Body Weight Loss in Patients With Nonalcoholic Fatty Liver Disease: A Systematic Review and Meta-Analysis. American Journal of Gastroenterology, 2023. doi.org/10.14309/ajg.0000000000002098

  3. CIUSSS de l'Estrie – CHUS. Votre patient a une maladie stéatosique du foie liée à une dysfonction métabolique (MASLD). Santé Estrie, 2024. santeestrie.qc.ca

  4. Foie Canada. MASLD & MASH Booklet. 2025. liver.ca

  5. Société canadienne de physiologie de l'exercice. Directives canadiennes en matière de mouvement sur 24 heures pour les adultes de 18 à 64 ans (consulté le 19 octobre 2026). csepguidelines.ca

  6. Östman C et al. The effect of exercise training on clinical outcomes in patients with the metabolic syndrome: a systematic review and meta-analysis. Cardiovascular Diabetology, 2017. doi.org/10.1186/s12933-017-0590-y

  7. Diabète Canada (Punthakee Z, Goldenberg R, Katz P). Definition, Classification and Diagnosis of Diabetes, Prediabetes and Metabolic Syndrome, chapitre 3 des lignes directrices de pratique clinique. Canadian Journal of Diabetes, 2018. doi.org/10.1016/j.jcjd.2017.10.003

  8. Gouvernement du Québec. Info-Santé 811 (consulté le 19 octobre 2026). quebec.ca

  9. Tan X et al. Dose-response relationship between exercise and hepatic steatosis: A systematic review with Bayesian network meta-analysis of randomized controlled trials. Journal of Sport and Health Science, 2026. doi.org/10.1016/j.jshs.2026.101125

  10. Younossi ZM et al. The global epidemiology of nonalcoholic fatty liver disease (NAFLD) and nonalcoholic steatohepatitis (NASH): a systematic review. Hepatology, 2023. doi.org/10.1097/HEP.0000000000000004

L'équipe de Système Santé, Rosemère

Publié le 20 octobre 2026 · Dernière mise à jour : 20 octobre 2026

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